Quelques clés

 

Le point de départ de mon travail est le cri, celui d’effroi ? que tout être humain pousse en posant son premier regard sur le monde. Et les autres cris, après…

 

Grimaces, contractions zygomatiques cherchant à expulser son magma de peurs, de colères, de souffrances lové dans ses profondeurs.

 

Puis, autour du cri, bouche-cratère éructant, commence alors un voyage sur le corps, comme un tour du monde des paysages anatomiques pour y cueillir ça et là dans mes jardins statuaires* quelques spécimens et dire la comédie humaine.

 

Je veux parler de l'homme, de sa condition, de sa finitude, de ses limites; par nature (on ne connaît du monde que ce qu'on en perçoit) et par culture (la vérité du monde est relative à l'héritage du point de vue « choisi » pour le comprendre). Entraves physiques naturelles, conditionnements épistémologiques et spirituels, enfermements pluriels dans une cage aux vertus paradoxales, qui, en le tenant à distance du monde est tantôt réductrice, tantôt protectrice.

 

Je veux parler de l'homme, de ses zones d'ombres, blessures, souffrances, manques... volontairement cachés ou inconsciemment refoulés dont l’écho se fait entendre au travers de poussées psychosomatiques (déformations, boursouflures, crevasses, déchirures...), incarnées à l’extrême par le trou.

 

Je veux parler de l'homme, de son évolution, de son histoire, de sa part d'animalité, de sa bestialité, de sa fragilité.

 

Je veux parler de l'homme, de sa solitude, face à son questionnement intime sur son origine et sur son devenir inévitablement fatal.

 

Je veux parler de l'homme, de sa résistance, de sa patience, dans sa cage d'attente de l'inéluctable.

 

Je veux parler de l'homme, de sa singularité, étouffée par le bâillon uniforme du matricule.

 

[...]

 

Je veux parler de l'homme..